Communication verte et gestion rationnelle des eaux transfrontalières de la Rusizi

 | Gestion des ressources, environnement & climat, Note de recherche

Par Vincent Mukwege Buhendwa

RÉSUMÉ:
Ce papier de recherche est basé sur quelques notions de communication verte ou environnementale afin de cerner, tant soit peu, des faits répréhensibles relatifs à la pollution des eaux transfrontalières de la Rivière Rusizi partagées par la République Démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et le Burundi. La communication verte vise à échanger et informer sur une variété d’évènements environnementaux spécifiques qui sont suffisamment significatifs pour être remarqués et remarquables pour attirer l’attention (Th. Libaert, 2017).
Cette étude est focalisée sur des aspects socioculturels et économiques, géopolitiques et écologiques que représentent les eaux transfrontalières de la Rivière Rusizi (et du lac Kivu). Ces dernières, en contrepartie et au regard du développement durable, de la production hydroélectrique et la conservation des écosystèmes transfrontaliers, doivent être rationnellement gérées de manière à permettre aux générations présentes de répondre à leurs besoins sans pour autant empêcher les générations futures de répondre à leurs propres besoins.
L’approche utilisée dans cette investigation part de la ville de Bukavu (RDC) et non pas des pays voisins. Les aspects théoriques et conceptuels de l’étude abordent des concepts usuels en matière de gestion de l’environnement, y compris les notions de biodégradabilité et d’éco-citoyenneté, la nécessité de poser des éco-gestes, etc. La communication verte est également effleurée comme prétexte à une gestion rationnelle des eaux transfrontalières de la Rusizi. Des effets évidents de l’érosion, observés dans la ville de Bukavu, amplifiés par une politique déficiente en matière de gestion des déchets ménagers, génèrent une pollution considérable qui porte une entorse aux eaux transfrontalières et à la productivité hydroélectrique de deux barrages érigés sur cette rivière qui est aussi un exutoire du lac Kivu.

CONTEXTE:
Dans un article récemment publié, j’ai tenté de montrer que les journalistes congolais sont plus enclins à traiter des questions politiques qui leur rapportent davantage, en termes de « coupage », « frais de transport », « frais de reportage », etc. pour leur survie et celle de leurs maisons de presse 1. Très peu d’entre eux s’investissent dans le traitement des questions spécialisées, en l’occurrence l’environnement, sujet peu gratifiant auprès des organes de presse en RDC.
Le présent papier fait suite au précédent et aborde la pollution, surtout du côté congolais, des eaux et des espaces transfrontaliers du lac Kivu et de la rivière Rusizi, partagés par trois pays dont la RDC, le Rwanda et le Burundi et dont les relations évoluent très souvent, hier et aujourd’hui, en dents de scie. Les eaux et les espaces transfrontaliers du lac Kivu et de la rivière Rusizi représentent des enjeux socioculturels, économiques, géopolitiques et écologiques pour ces 3 pays qui exploitent lesdits espaces pour leurs deux barrages hydroélectriques partagés de Rusizi I et Rusizi II.

PROBLÉMATIQUE:
Le problème cerné par la présente étude consiste à savoir en quoi la pollution des eaux transfrontalières de la rivière Rusizi représente une menace réelle aux enjeux socioculturels, géopolitiques, économiques et écologiques partagés par la RDC, le Rwanda et le Burundi.

IDEES MAJEURES :
– Les eaux transfrontalières de la rivière Rusizi et du lac Kivu sont partagées par la RDC, le Rwanda et le Burundi ;
– Ces eaux représentent des enjeux socioculturels, économiques, géopolitiques et écologiques pour les trois pays ;
La gestion rationnelle de ces eaux augmenterait la productivité hydroélectrique de deux barrages de la Rusizi exploités par les trois pays ;
– La pollution des eaux transfrontalières, notamment du côté congolais, représente une menace à la productivité hydroélectrique des deux barrages de la Ruzisi ;
– La pollution des eaux transfrontalières de la Rusizi est renforcée par les effets de l’érosion et une politique déficiente de gestion des déchets ménagers et industriels dans la ville de Bukavu ;
Les Congolais en général, et les habitants de la ville de Bukavu en particulier, ne sont pas éco-citoyens et posent rarement des éco-gestes ;
– En RDC, la loi environnementale n’est pas appliquée et l’on observe un déficit informationnel entre l’autorité publique, les experts de l’environnement et les communautés ;
– La Rusizi est l’exutoire du lac Kivu : elle donne sur le lac Tanganyika qui déverse dans la rivière Lukuga, celle-ci déverse dans la rivière Lualaba qui est un affluent du fleuve Congo ; ce dernier déverse dans l’Atlantique ;
– Les déchets végétaux et ménagers, chaussures, habits usagés, bouteilles et sachets plastiques, boue, etc. menacent les deux barrages hydroélectriques de la Rusizi ;
– L’accumulation de ces déchets entraîne une sédimentation qui endommage le lac de retenue, le fonctionnement des grilles, des turbines ou de l’ouvrage tout entier.

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