Les négociations multilatérales et les Etats africains

 In David Tshishiku, Note de recherche, Politiques, stratégies & diplomaties économiques

Par David Tshibangu Tshishiku

RÉSUMÉ:
Malgré la divergence de leurs centres d’intérêt, les États africains ont, dans l’ensemble, une politique commune de négociation dans le multilatéralisme. Cette note se propose d’identifier en quoi elle consiste ; les raisons de son inefficacité ; et, les voies alternatives les plus optimales. Pour être à la hauteur des enjeux du multilatéralisme, les États africains doivent relever trois défis principaux. Il s’agit de la maitrise des phases des négociations multilatérales et des thématiques y afférentes ; le leadership dans les coalitions et le changement du comportement diplomatique des acteurs politiques africains ; et en dernier lieu, l’institutionnalisation d’un cadre de collaboration mixte (gouvernement – société civile) pour élaborer des stratégies de négociations, riches en termes de niveau d’analyses. L’auteur de cette note explique l’actuel mode opératoire des États africains. Il le confronte aux dimensions comprises dans les défis susvisés. Pour finir, il dégage des recommandations qui, une fois appliquées, devraient abonnir la politique de négociation africaine dans ces rencontres internationales.

PROBLÉMATIQUE:
Après plus des cinquante ans de participation des pays africains dans le multilatéralisme et des résultats mitigés, il convient de se demander quelle a été, jusqu’alors, leurs stratégies de négociation et que faut-il à amender dans ce domaine ? Telle est la préoccupation principale de cette réflexion.

CONTEXTE DE LA NOTE:
Cette note intervient à un moment particulier où les deux questions essentielles qui polarisent les débats multilatéraux prennent des proportions encore plus importantes dans les rapports interétatiques. Sur plan du changement climatique, après la conférence des parties tenue à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016 (COP22), les États expriment leurs volontés de passer en action par rapport au plan de la COP21 de Paris. S’agissant du commerce international, les discussions à l’OMC abordent un florilège des sujets qui examine chacun les différents aspects du commerce international. Les exigences des résolutions du multilatéralisme1 sont généralement en contradiction avec la situation des pays africains.
Cette réflexion se veut une modeste contribution au solutionnement de l’inefficacité des États africains dans les négociations multilatérales.

IDÉES MAJEURES:
– Le faible résultat des pays africains dans le multilatéralisme est lié à une mauvaise préparation, le manque de ressources de qualité et d’expertises les plus abouties.

– La diplomatie de chaleur est la grande faiblesse des acteurs politiques africains. Ils signent les accords internationaux avec enthousiasme, mais la volonté politique manque pour en faire le suivi et application.

– La participation de la société civile dans ces négociations devrait être envisagée dans une perspective de l’institutionnalisation d’un cadre de collaboration mixte au niveau de chaque pays.

Comments
  • ABELEGUE Alliance Fidèle
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    Je partage votre idée sur les divergences d’intérêts entre États Africains. C’est d’ailleurs un phénomène universel. La politique de négociation en dépit de divergence dont vous parlez, se rapporte à ce que j’évoque dans mes travaux comme la volonté de combattre un ennemi commun qui menace les intérêts divergents de chacun des États. Voilà pourquoi les quatre États frontaliers du Lac Tchad ont réussi à constituer une force commune, parce que Boko Haram devenait un handicap pour le développement de chacun d’eux. Les problèmes frontaliers qui ont existé entre le Cameroun et le Nigéria, le Tchad et le Niger et des rivalités tchado-nigérianes au sujet de certains ilots du Lac Tchad n’ont pas prévalu.
    Je n’arrive pas encore à saisir clairement votre triptyque : négociations thématiques – leadership et changement de comportement diplomatique – institutionnalisation. Et de mon point de vue les organisations de la société civile ont un grand rôle à jouer. Elles doivent servir de partenaires aux gouvernements dans la gestion des problèmes connexes en temps de conflit et de post-conflit. Dans un contexte où les armées ne sont pas exempte de « brebis galeuses » qui s’évertuent aux bavures et exactions sur les civils, les OSC demeurent un outil de médiation entre les populations et les gouvernements, et gagner la collaboration de celles-ci. Cette collaboration est d’ailleurs capitale dans la gestion d’une guerre asymétrique comme celle que nos États du Lac Tchad mènent contre Boko Haram.
    Je voudrais avoir le contact (adresse mail) de l’auteur pour approfondir ce débat avec lui

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