Prince Tawa Netton intervenu lors du congrès de la société québécoise de Science Politique qui s’est tenu du 20 au 22 mai 2015 à Montréal, Canada et qui avait pour thème « Sécurité et politique, visions, enjeux, tensions ». Le sujet de son intervention était « Le tango diplomatique de l’Union Africaine dans la crise post-électorale en Côte d’Ivoire ». En voici un résumé.

Attendue par les populations ivoiriennes et considérée par l’opinion internationale comme devant définitivement mettre fin au conflit politico-militaire en Côte d’Ivoire, l’élection présidentielle de 2010 n’a finalement pas tenu ses promesses. Pis, elle a été l’occasion de découvrir l’inculture à la fois démocratique et juridique de la classe politique ivoirienne, débouchant sur une crise dite post-électorale. La résolution de cette crise a vu la mobilisation d’Etats et d’organisations internationales dont l’Union africaine.

Née sur les cendres de l’OUA, cette nouvelle organisation continentale a fait de la résolution des conflits l’une de ses principales missions, en adoptant le principe du droit d’ingérence. La crise ivoirienne s’offrait comme l’opportunité de rendre effective « l’africanisation de la résolution des conflits africains », doctrine ancienne mais actualisée par les nouveaux chantres de la renaissance africaine, à laquelle semblaient progressivement adhérer les acteurs internationaux.

Cependant, le traitement de la crise post-électorale par l’Union africaine dévoilera des difficultés d’harmonisation de ses positions ; ceci se faisant ressentir par des décisions successives qui ont mis à nu les hésitations préjudiciables à la résolution de la « crise post-électorale ». Notre intervention au congrès sur ce sujet portait sur la question de savoir si la crise post-électorale en Côte d’Ivoire a été une occasion manquée pour l’Union africaine. Par cette question, nous avons voulu interroger une conviction : celle de Bérangère ROUPPERT pour qui : « la récupération de la crise ivoirienne par les institutions onusiennes a en effet marqué le pas de la diplomatie africaine ou, tout au moins, ses limites.»

Nous avons défendu devant les participants à notre panel qu’en réalité, le ballet auquel l’on a assisté loin d’être un aveu d’impuissance est la manifestation d’une volonté diplomatique de l’organisation continentale qui a consisté à concilier le respect de la démocratie et la nécessité de préserver la paix. La communication a été retenue pour être publiée dans un ouvrage collectif.

Nous contacter

Suggestion, information, proposition ou autre: Merci d'utiliser ce formulaire ci-dessous pour nous contacter.

Illisible? Changer le texte. captcha txt