Sociétés & identité

Thierry Michel est cinéaste belge principalement connu pour ses films documentaires sur la République Démocratique du Congo.

C’est à l’occasion du festival Ciné droit libre en novembre 2015 à Dakar que Thinking Africa s’est entretenu avec lui.

“L’homme qui répare les femmes” au Congo (son film sur le docteur Mukwege), le droit des femmes en Afrique, la crise au Congo, les défis de la réalisation et production de films en Afrique : sont au menu de cette interview.

Quelques verbatims extraits de l’entretien.

Sur les motivations derrières le film « l’homme qui répare les femmes »

Le docteur Mukwege est un homme exceptionnel, il méritait un hommage cinématographique, comme les femmes congolaises méritaient que leurs témoignages soient diffusés pour que cette arme de guerre que le viol s’arrête. Et pour qu’on puisse aussi commencer les campagnes pour que les vrais coupables qui sont toujours en liberté, les commanditaires de ces crimes atroces, soient poursuivis et un jour condamnés.

Sur le droit des femmes

Il y a une régression à partir du moment où depuis une 20aine d’années, les femmes sont devenues une des principales cibles des groupes armés et politico-mafieux. Aujourd’hui, il y a une prise de conscience chez les femmes, beaucoup plus que chez les hommes, qu’elles doivent s’organiser en association et devenir des activistes. Et la question que pose le Dr Mukwege est la suivante: Où sont les hommes ?

Sur le problème du Congo

Le problème du Congo est simple, c’est la richesse de ce pays. Le Congo regorge de minerais les plus précieux pour l’industrie technologique mondiale. C’est pour cela que s’y mène une guerre économique terrible qui est aussi une guerre politique pour occuper les carrés miniers par des groupes mafieux et des multinationales.

Sur la production de films en Afrique

Aujourd’hui, quelque part, tout citoyen peut filmer l’histoire qui se fait. C’est ce qui s’est fait au Burkina. Les jeunes ont pu faire un film sur la révolution de 2014. Aujourd’hui, la technologie disponible, il y a des opportunités formidables de faire des films. S’il n’y a plus de problème de production, il y a un problème de formation pour faire des œuvres cinématographiques. Par contre, là où les choses sont encore difficiles, c’est en termes de diffusion. Il manque des infrastructures de diffusion. Heureusement, qu’il y a internet et les festivals de films.

thierrymichel

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