L’entrepreneuriat des jeunes au Niger : moyens efficaces de construction de la paix

Ce problème se pose avec plus d’acuité Depuis 2015, le Niger fait face à une crise sécuritaire sans précédent avec des attaques des groupes armés non étatiques comme Boko Haram dans la région de Diffa (sud-est), de Al-Qaïda et JNIM basés au Mali dans les régions de Tillabéri (ouest) et Tahoua (nord-ouest) et des « bandits armés » à la frontière entre le Nigeria et la région de Maradi (sud-est).

Au cœur des dynamiques conflictuelles se trouvent les jeunes, à la fois acteurs et victimes, ils constituent la couche sociale la plus frappée par les phénomènes de l’extrémisme violent, la radicalisation, les effets de l’état d’urgence, le chômage, l’absence d’éducation ainsi que de perspectives économiques.

Avec une population estimée à plus de 25 millions d’habitants en 2021, où 52.12% des nigériens ont moins de 15 ans et dont 49% parmi les 52.12% a un niveau d’instruction faible, 32% – soit 5,9 millions de personnes –  de la population active se trouve au chômage ou en situation de sous-emploi (26%). De plus, 1,5 millions de jeunes entre 13 et 19 ans sont hors du système éducatif.

du côté des femmes, impactées par le chômage avec un taux de 25% contre 12% pour les hommes. Toutefois, selon le Ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, la tranche d’âge de 15 à 29 ans parmi la population serait  plus frappée par le chômage.

Ces facteurs de vulnérabilité, entre autre, le manque d’emploi et donc par extension l’inaptitude des jeunes à entreprendre, au-delà d’autres facteurs comme le souci de la  protection, l’idéologie, l’ignorance, mettent en évidence leur engagement dans les mouvements des groupes armés terroristes. Ces facteurs d’incitation ont été soulignés par diverses études qui ont cherché à comprendre les dynamiques d’engagement des jeunes dans les mouvements armés au Sahel.

C’est à juste titre qu’on s’interroge d’ailleurs sur les efforts déployés par le politique Nigérien pour prévenir à long terme ces phénomènes à travers la promotion de l’entrepreneuriat formel dans le cadre des politiques publiques nationales, régionales et locales. On s’interroge également sur l’impact des réponses immédiates apportées en matière d’entrepreneuriat dans ce contexte où les jeunes sont de plus en plus vulnérables.

En effet, à travers l’analyse des efforts déployés par l’Etat en faveur de l’entrepreneuriat pour répondre aux énormes défis sécuritaires, nous cherchons à comprendre en quoi la promotion de l’entrepreneuriat “social” constitue un moyen de prévention de la radicalisation et l’extrémisme violent, et un moyen de pacification alors que la Banque Mondiale estime qu’environ 40% de ceux qui rejoignent des mouvements rebelles et/ou terroristes seraient motivés par le manque d’emplois.

Le concept d’entrepreneuriat social se caractérise principalement par la volonté de soumettre la performance économique aux critères de l’intérêt général. Le profit n’est plus le but ultime de l’entreprise, mais un moyen de réaliser des objectifs plus larges, dont les priorités sont sociales, sociétales et/ou environnementales”.

Cette question nous invite dans un premier temps à se focaliser sur l’analyse du cadre politico-institutionnel (I) pour ainsi voir la place qu’occupe l’entrepreneuriat des jeunes au Niger ; puis dans un second temps, la mise en relief du rôle de l’entrepreneuriat dans le processus de construction d’une paix positive sui generis (II).

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