{"id":2795,"date":"2014-03-23T08:40:55","date_gmt":"2014-03-23T07:40:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/?p=2795"},"modified":"2021-05-25T16:03:13","modified_gmt":"2021-05-25T14:03:13","slug":"trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/","title":{"rendered":"Trajectoire de la production des id\u00e9es apr\u00e8s les ind\u00e9pendances en Afrique"},"content":{"rendered":"<p>Par<a title=\"Said Abass Ahamed\" href=\"http:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/thinking-africa\/management\/said-abass-ahamed\/\"> Sa\u00efd Abass Ahamed <\/a>| Docteur en science Politique<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/tukumbi2a.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone  wp-image-2794\" alt=\"tukumbi2a\" src=\"http:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/tukumbi2a.jpg\" width=\"455\" height=\"417\" srcset=\"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/tukumbi2a.jpg 650w, https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/tukumbi2a-600x550.jpg 600w, https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/tukumbi2a-300x275.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 455px) 100vw, 455px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Cette note a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un atelier m\u00e9thodologique qui s&rsquo;est tenu \u00e0 Arusha, en Tanzanie, du 5 au -9 ao\u00fbt, 2013 dans le cadre du projet de la recherche avanc\u00e9e sur la paix, la s\u00e9curit\u00e9 et la post-reconstruction dans la r\u00e9gion des grands lacs africain par le CODESRIA. Le professeur Tukumbi Lumumba-Kasongo \u00e9tait un des animateurs de cette rencontre r\u00e9unissant jeunes chercheurs africains et des a\u00een\u00e9s pr\u00e9occup\u00e9 par la transmission et la formation pour la rel\u00e8ve. Le monde de la recherche et des id\u00e9es devient tr\u00e8s comp\u00e9titif et les jeunes chercheurs africains sont loin d\u2019\u00eatre correctement \u00e9quip\u00e9 pour relever les d\u00e9fis \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Professeur titulaire de science politique \u00e0 Wells College, il est professeur invit\u00e9 au d\u00e9partement planification urbaine et r\u00e9gionale de l&rsquo;Universit\u00e9 Cornell. Ma\u00eetre de conf\u00e9rences, D\u00e9partement de l&rsquo;administration, Universit\u00e9 de Suffolk, et examinateur externe, D\u00e9partement de science politique, Universit\u00e9 du Ghana \u00e0 Legon. Certains de ses livres sont les Relations entre le Japon et l&rsquo;Afrique (New York: Palgrave-McMillan, 2010); Qui et quoi gouverne dans le monde des \u00c9tats?: Une \u00e9tude comparative des constitutions, la citoyennet\u00e9, la puissance, et de l&rsquo;id\u00e9ologie contemporaine Politique (Lanham, MD : UniversityPress of America, 2005); La dynamique des relations \u00e9conomiques et politiques entre l&rsquo;Afrique et puissances \u00e9trang\u00e8res: \u00e9tudes en relations internationales (Westport , CT : Praeger, 1999 ); Emergence du Multipartisme et de la d\u00e9mocratie dans le contexte mondial : le cas de l&rsquo;Afrique (Westport, CT: Praeger, 1998); politique de cartographier l&rsquo;Afrique : l&rsquo;id\u00e9ologie transnationale et la red\u00e9finition de l&rsquo;Afrique dans la politique mondiale (Lanhman , MD: UniversityPress of America, 1994), et les id\u00e9ologies nationalistes , leurs implications politiques et la lutte pour la d\u00e9mocratie dans la politique africaine (New York: Edwin MellenPress, 1991). Il a re\u00e7u plusieurs prix et bourses universitaires. Il est l&rsquo;\u00e9diteur de la revue d&rsquo;\u00e9tudes africaines et asiatiques et co-r\u00e9dacteur en chef de la Revue africaine des affaires internationales, il est \u00e9galement membre de plusieurs comit\u00e9s de r\u00e9daction de revues de sciences sociales.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/TA_NO_-N-3_trajectoire-des-id\u00e9es-en-Afrique.pdf\">TELECHARGEZ LA NOTE D&rsquo;OPPORTUNITE EN PDF <\/a><\/strong><\/p>\n<div class=\"su-document su-u-responsive-media-yes\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/docs.google.com\/viewer?embedded=true&url=http:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/TA_NO_-N-3_trajectoire-des-id\u00e9es-en-Afrique.pdf\" width=\"470\" height=\"300\" class=\"su-document\" title=\"\"><\/iframe><\/div>\n<p><strong>Quelles sont les origines des id\u00e9es mises en \u0153uvre sur le continent africain apr\u00e8s les ind\u00e9pendances?<\/strong><br \/>\nDepuis les ind\u00e9pendances, nous avons eu beaucoup de changements en Afrique:<br \/>\n-D\u2019abord il y a eu la cr\u00e9ation un peu partout de plusieurs universit\u00e9s nationales dans le but de produire de nouvelles id\u00e9es pouvant nous mener au changement.<br \/>\nJe viens de la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo o\u00f9 le nombre de dipl\u00f4m\u00e9s universitaires n\u2019exc\u00e9dait pas une dizaine lors de l\u2019ind\u00e9pendance en 1960. Le gouvernement congolais a investi des sommes consid\u00e9rables pour combler les besoins en ressources humaines. Malheureusement, l\u2019ind\u00e9pendance des universit\u00e9s et des instituts sup\u00e9rieurs n\u2019\u00e9tait pas effective car le gouvernement voulait garder une main mise sur ceux-ci et sur la production de leurs id\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1970, on a commenc\u00e9 \u00e0 voir des moments de crise dans des universit\u00e9s qui se retrouvaient parfois ferm\u00e9es notamment en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo alors Za\u00efre. Les universit\u00e9s \u00e9taient la seule opposition \u00e0 un certain moment car de celles-ci sortaient de nouvelles id\u00e9es que le gouvernement voulait contr\u00f4ler ou \u00e9touffer.<br \/>\n-Le deuxi\u00e8me probl\u00e8me est celui de la structure des universit\u00e9s qui n\u2019a pas beaucoup chang\u00e9. Le Congo a gard\u00e9 la structure l\u00e9gu\u00e9e par les belges et les anglais (anglo-saxons, particuli\u00e8rement les am\u00e9ricains sans produire de nouvelles id\u00e9es structurelles mais en s\u2019accommodant. En termes d\u2019originalit\u00e9 on n\u2019a pas produit beaucoup d\u2019id\u00e9es, la mani\u00e8re de penser est rest\u00e9e la m\u00eame ce qui a contribu\u00e9 \u00e0 la crise que conna\u00eet l\u2019Afrique encore appel\u00e9e en anglais \u00ab received knowledge \u00bb.Tout a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 sur la connaissance re\u00e7ue et non sur l\u2019histoire de l\u2019Afrique, une histoire critique du syst\u00e8me monde ce qui a en quelque sorte conduit \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la d\u00e9colonisation dans ce domaine, l\u2019une des plus grandes crises de l\u2019Afrique.<\/p>\n<p><strong>Avant les ind\u00e9pendances, il n\u2019y avait pas d\u2019universit\u00e9s, toutefois une pens\u00e9e critique de la d\u00e9colonisation existait. Devenu ma\u00eetres de nous-m\u00eames, les partis uniques ont absorb\u00e9 toute pens\u00e9e libre et se sont accapar\u00e9s du pouvoir et du savoir ?<\/strong><br \/>\nC\u2019est cela, car les Etats voulaient contr\u00f4ler non seulement les id\u00e9es mais aussi la jeunesse en surveillant les structures d\u2019Etat. Prenons le cas du Congo Kinshasa ou on a nationalis\u00e9 les universit\u00e9s, le but \u00e9tait de contr\u00f4ler les id\u00e9es car comme nous le savons une personne qui contr\u00f4le vos id\u00e9es vous contr\u00f4le. Cette politique a pos\u00e9 un probl\u00e8me car les universit\u00e9s ne pouvaient pas progresser sans un espace politique et \u00e9conomique libres. L\u2019universit\u00e9 est fond\u00e9e sur la pens\u00e9e pour progresser dans un contexte libre, son r\u00f4le est de soutenir et de produire des id\u00e9es universelles ce qui est impossible sans libert\u00e9. De plus, selon nos gouvernements, les universit\u00e9s devraient produire uniquement des techniciens et non des penseurs or, les id\u00e9es universitaires sont des fardeaux critiques c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles incitent \u00e0 avoir un esprit critique, un esprit de questionnement permanent. La fermeture et le contr\u00f4le des universit\u00e9s par les partis uniques avaient donc consid\u00e9rablement affaibli le fonctionnement de ces universit\u00e9s.<\/p>\n<blockquote><p><strong>Le progr\u00e8s social ou le d\u00e9veloppement ne peut \u00eatre cr\u00e9\u00e9 que quand vous avez des connaissances critiques et ces connaissances ne peuvent exister que quand vous avez certaines infrastructures qui quand elles sont inexistantes affaiblissent tout le processus.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Peut-on dire que les id\u00e9es de d\u00e9veloppement et de progr\u00e8s telles que mise en \u0153uvre en Afrique, proviennent de la banque mondiale, du FMI et des institutions multilat\u00e9rales?<\/strong><br \/>\nC\u2019est une question tr\u00e8s importante, parce que nous avons vu par exemple en Afrique les programmes d\u2019ajustement structurel con\u00e7u cr\u00e9dits et impos\u00e9s \u00e0 partir de 1981 dans un premier temps ; puis en 1982. Ce fut le programme que la banque mondiale voulait tester dans trois pays : le S\u00e9n\u00e9gal, le Kenya et la Cote d\u2019ivoire. Dans les ann\u00e9es 1983- 1984 ces programmes ce sont r\u00e9pandus presque partout. La Banque mondiale ne voulait pas qu\u2019on continue avec l\u2019extension des universit\u00e9s africaines, elle voulait qu\u2019on limite le nombre de personnes qui pouvaient \u00eatre admises aux \u00e9tudes sup\u00e9rieures. et pensait qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire de continuer \u00e0 produire des penseurs. Alors m\u00eame que l\u2019existence d\u2019une pens\u00e9e critique est un pr\u00e9alable au d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1981-1982 on remarque une crise universitaire due \u00e0 une r\u00e9duction du nombre de professeurs aux universit\u00e9s et une r\u00e9duction de la contribution de l\u2019Etat au soutien des biblioth\u00e8ques et des centres et Instituts de recherche. C\u2019est le d\u00e9but de l\u2019appauvrissement des universit\u00e9s. Il n\u2019existe pas de d\u00e9veloppement social qui ne soit bas\u00e9 sur des id\u00e9es critiques. Tout le monde se d\u00e9veloppe, la Cor\u00e9e du sud, les pays asiatiques dont le d\u00e9veloppement est \u00e9galement bas\u00e9 sur des id\u00e9es critiques, car ils sont all\u00e9s apprendre ailleurs et se sont appropri\u00e9s ce qu\u2019ils ont appris gr\u00e2ce \u00e0 leur sens critique en \u00e9vitant ainsi de tomber dans cette grande d\u00e9pendance qui mine l\u2019Afrique. En effet dans cette p\u00e9riode des ann\u00e9es 80 l\u2019Afrique b\u00e9n\u00e9ficiait de l\u2019appui d\u2019assistants techniques ou soi-disant experts venant de la Banque Mondiale et du FMI qui venaient en majorit\u00e9 de l\u2019Europe et des Etats-Unis d\u2019Am\u00e9rique, des pays alli\u00e9s. Ce programme d\u2019assistance technique permettait le retour de l\u2019argent pr\u00eat\u00e9 \u00e0 l\u2019Afrique vers l\u2019occident participant ainsi \u00e0 la poursuite de la d\u00e9pendance. Pour moi, le progr\u00e8s social ou le d\u00e9veloppement ne peut \u00eatre cr\u00e9\u00e9 que quand vous avez des connaissances critiques et ces connaissances ne peuvent exister que quand vous avez certaines infrastructures qui quand elles sont inexistantes affaiblissent tout le processus.<\/p>\n<p>Les universit\u00e9s croulaient sur le fardeau; on pouvait voir dans les amphith\u00e9\u00e2tres cinquante \u00e0 soixante-dix \u00e9tudiants debout sans stylo, avec une impossibilit\u00e9 de faire des recherches eux-m\u00eames attendant une connaissance venant des professeurs qu\u2019ils se contentent de copier et de reproduire lors des examens car les professeurs n\u2019ont pas le temps de faire des recherches pour les \u00e9preuves lors des examens. Ceci n\u2019emp\u00eachait pas la Banque Mondiale et le FMI de continuer avec les assistances techniques.<\/p>\n<p><strong>Vous avez particip\u00e9 au CODESRIA \u00e0 un projet de recherche sur les impacts des Programmes d\u2019Ajustement structurel. Les institutions promotrices de ces programmes ont refus\u00e9 la discussion. Quels ont \u00e9t\u00e9 les r\u00e9sultats de cette recherche ?<\/strong><br \/>\nC\u2019\u00e9tait un programme de recherche que nous avions jug\u00e9 bon de mettre en place au lieu de toujours voir les r\u00e9actions des autres sur le programme de la Banque Mondiale et FMI. Nous avions pens\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait n\u00e9cessaire de voir les parties et dimensions de ce programme \u00e0 travers les \u00e9tudes concr\u00e8tes. Ainsi donc dans les ann\u00e9es 1990 le CODESRIA avait organis\u00e9 et recrut\u00e9 des professeurs et chercheurs africains qui s\u2019int\u00e9ressaient \u00e0 ce domaine. Nous avions fait un travail collectif, et produit deux ateliers et un livre. Notre objectif \u00e9tait d\u2019\u00e9valuer ce que la Banque Mondiale et le FMI faisaient en Afrique, parce qu\u2019on ne comprenait pas que les conditions des africains devenaient de plus en plus difficiles pendant que la Banque Mondiale disait que l\u2019Afrique n\u2019avait pas pleinement adopt\u00e9 ces programmes, raison pour laquelle il y avait des probl\u00e8mes. Les budgets \u00e9taient d\u00e9ficitaires, mais on a vu que plus les programmes continuaient en Afrique, plus les conditions africaines devenaient de difficiles et socialement insupportables.<\/p>\n<blockquote><p><strong>En critiquant les programmes de la Banque Mondiale, nous avions aussi cr\u00e9\u00e9 de nouvelles bases de donn\u00e9es dans le processus de penser autrement de l\u2019Afrique. Selon ce que j\u2019ai pu comprendre ces institutions n\u2019ont pas adh\u00e9r\u00e9 au fait que nous voulions partager non seulement les connaissances mais aussi les donn\u00e9es.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Nous avons fait ce qu\u2019il fallait. Il fallait \u00e9valuer ce programme \u00e0 travers des recherches concr\u00e8tes. Nous avons pens\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait mieux d\u2019avoir un dialogue avec les instituts de recherche de la Banque Mondiale et du Fond Mon\u00e9taire International. Mais ils ne se sont int\u00e9ress\u00e9s ni \u00e0 comprendre ni \u00e0 partager leurs donn\u00e9es avec nous, ni m\u00eame \u00e0 nous rejoindre parce qu\u2019ils pensaient qu\u2019ils avaient des donn\u00e9es plus appropri\u00e9es que les n\u00f4tres. En critiquant les programmes de la Banque Mondiale, nous avions aussi cr\u00e9\u00e9 de nouvelles bases de donn\u00e9es dans le processus de penser autrement de l\u2019Afrique. Selon ce que j\u2019ai pu comprendre ces institutions n\u2019ont pas adh\u00e9r\u00e9 au fait que nous voulions partager non seulement les connaissances mais aussi les donn\u00e9es. Elles ont eu du mal \u00e0 accepter le fait que nous les Africains \u00e9tions en train de cr\u00e9er notre propre r\u00e9seau et surtout un programme \u00e0 travers lequel nous critiquions leurs approches ainsi que les r\u00e9sultats de leurs travaux.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait donc pour nous inutile d\u2019approcher ces institutions car nos donn\u00e9es avaient pour vocation d\u2019\u00eatre utilis\u00e9es par les autres pays africains via leurs universit\u00e9s qui pouvaient ainsi s\u2019en inspirer. Je ne sais pas si le livre produit par le CODESRIA a \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9 dans les universit\u00e9s car c\u2019est aussi la mission du CODESRIA de distribuer les r\u00e9sultats de ses travaux dans les universit\u00e9s africaines. Donc au final notre but \u00e9tait de r\u00e9gler ce probl\u00e8me d\u2019approche ou de m\u00e9thodologie et aussi de cr\u00e9er des donn\u00e9es que nous pensions appropri\u00e9es parce que bas\u00e9es sur des recherches concr\u00e8tes.<\/p>\n<p><strong>Comment expliquer la d\u00e9connexion entre le savoir produit sur le continent et les politiques publiques souvent d\u2019inspiration externe ?<\/strong><br \/>\nC\u2019est une question qui est tr\u00e8s complexe, parce que les pouvoirs publics africains ne sont pas bas\u00e9s sur les connaissances africaines r\u00e9elles et v\u00e9rifiables. Les connaissances locales, r\u00e9gionales sont importantes dans la mesure o\u00f9 elles devraient aussi critiquer les pouvoirs publics. Elles devraient \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9es comme la base des formations politiques. Mais les Etats africains sont fragiles et faibles donc instables. Ils ne comprennent pas encore le r\u00f4le de la connaissance dans le d\u00e9veloppement. J\u2019ai eu la chance de participer \u00e0 des r\u00e9unions organis\u00e9es par la Banque Mondiale et le Fond Mon\u00e9taire International dans lesquelles ces institutions mettent en avant le fait de ne pas imposer leurs programmes mais de faire des suggestions qui en r\u00e9alit\u00e9 deviennent de facto des recommandations. Les Etats faibles africains, politiquement et \u00e9conomiquement en faillite n\u2019ont aucune direction et ne comprennent pas le r\u00f4le de la science et de la connaissance dans le d\u00e9veloppement. Ils ont peur de l\u2019\u00e9lite intellectuelle africaine car pour eux l\u2019universit\u00e9 n\u2019est l\u00e0 que pour critiquer. La connaissance de la politique par les \u00e9lites viendrait soutenir leurs projets contraires aux int\u00e9r\u00eats du peuple. Nous l\u2019\u00e9lite intellectuelle africaine devons-nous rendre compte de notre enracinement dans l\u2019Afrique profonde dans le sens o\u00f9 nous, pour la plupart, sommes issus des parents paysans que nous repr\u00e9sentons lorsque nous sommes en ville.<\/p>\n<p>Je me rappelle dans les ann\u00e9es 1960 quand on \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9cole secondaire, ces parents d\u2019origine paysanne \u00e9taient tr\u00e8s heureux parce qu\u2019ils \u00e9taient entrain de produire l\u2019\u00e9lite qui allait les sauver. En terme de responsabilit\u00e9, nous regardons aussi vers l\u2019int\u00e9rieur, or l\u2019Etat africain regarde vers l\u2019ext\u00e9rieur. Donc, il y a confusion au sens de la direction o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 devrait aller.<br \/>\nPour l\u2019Etat, son d\u00e9veloppement vient de l\u2019ext\u00e9rieur, les ressources financi\u00e8res viendront de l\u2019ext\u00e9rieur pour soutenir les programmes, le d\u00e9veloppement moderne viendra de l\u2019ext\u00e9rieur, il y a l\u00e0 un probl\u00e8me r\u00e9el en Afrique. Nous avons essay\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es d\u2019avoir des relations avec nos gouvernements en vain car ces gouvernements n\u2019ont pas confiance en eux-m\u00eames. La connaissance elle-m\u00eame c\u2019est le pouvoir c\u2019est ce qu\u2019on dit en Anglais \u00ab knowledge is power \u00bb, ils ne veulent pas avoir deux centres du pouvoir : le pouvoir politique qui est entre leur main et le pouvoir non politique scientifique, qu\u2019il faut affaiblir davantage pour emp\u00eacher la possibilit\u00e9 que cette connaissance l\u00e0 soit vraiment d\u00e9finie comme un pouvoir.<\/p>\n<blockquote><p><strong>En terme de responsabilit\u00e9, nous regardons aussi vers l\u2019int\u00e9rieur, or l\u2019Etat africain regarde vers l\u2019ext\u00e9rieur. Donc, il y a confusion au sens de la direction o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 devrait aller.\u00a0Pour l\u2019Etat, son d\u00e9veloppement vient de l\u2019ext\u00e9rieur, les ressources financi\u00e8res viendront de l\u2019ext\u00e9rieur pour soutenir les programmes, le d\u00e9veloppement moderne viendra de l\u2019ext\u00e9rieur, il y a l\u00e0 un probl\u00e8me r\u00e9el en Afrique.\u00a0<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Vous avez \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 au nom du CODESRIA \u00e0 participer \u00e0 une rencontre avec la fondation Mo Ibrahim, concernant la mise en place des indices sur la gouvernance en Afrique. Pourquoi ces indices sont probl\u00e9matiques?<\/strong><br \/>\nMerci beaucoup, oui j\u2019avais \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9 par le CODESRIA pour le repr\u00e9senter et discuter avec l\u2019\u00e9quipe de Mo Ibrahim sur ces indices de la gouvernance en Afrique et surtout sur les bases historiques. Mon approche \u00e9tait de demander que la fondation clarifie les bases scientifiques de ces indices. Cette derni\u00e8re nous a expliqu\u00e9 comment les index \u00e9taient con\u00e7us. Pas seulement les formules de l\u2019\u00e9conom\u00e9trie car il est entour\u00e9 d\u2019\u00e9conomistes faisant de l\u2019\u00e9conom\u00e9trie, mais aussi l\u2019\u00e9conomie du d\u00e9veloppement. Mon but \u00e9tait de leur demander de nous expliquer les origines historiques et sociales de cette fondation. Ce qui est clairement apparu est que ces indices sont bas\u00e9s sur le comportement et la structure de l\u2019Etat. Or un Etat qui est p\u00e9riph\u00e9rique pose un probl\u00e8me c\u2019est-\u00e0-dire la nature de la repr\u00e9sentativit\u00e9 de cet Etat et quel est le r\u00f4le de la soci\u00e9t\u00e9 vis \u00e0 vis de cet Etat ? Cela repr\u00e9sente le comportement, les structures de l\u2019Etat et cela repr\u00e9sente aussi les conventions internationales. En plus ces indices refl\u00e8tent la mondialisation donc l\u2019\u00e9conomie qui caract\u00e9rise cette mondialisation.<\/p>\n<p>Nous avons un probl\u00e8me \u00e0 terme car malgr\u00e9 les origines de la Fondation Mo Ibrahim qui est aussi d\u2019Afrique, nous pensons que ces indices ne refl\u00e8tent pas du tout la r\u00e9alit\u00e9 africaine profonde. Ils refl\u00e8tent plus les Etats or les Etats africains ne pr\u00e9sentent pas une Afrique assez forte. Il y a donc un probl\u00e8me car corriger les Etats ne veut pas dire qu\u2019il y aura un impact direct et structurel avec l\u2019Afrique. La fondation parle de la gouvernance et de la corruption qui sont des sympt\u00f4mes qu\u2019on doit \u00e9tudier mais comme j\u2019insistais pendant l\u2019atelier, nous devons distinguer les causes et les sympt\u00f4mes. Je pensais que Mo Ibrahim \u00e9tait un fr\u00e8re qui aimait l\u2019Afrique. Pourquoi ne pas s\u2019y investir ? Parce qu\u2019il s\u2019agit de cr\u00e9er une nouvelle \u00e9lite politique. Pourquoi ne pas investir dans la jeunesse consciente? C\u2019est-\u00e0-dire investir dans les \u00e9coles primaires, secondaires et les universit\u00e9s africaines au lieu d\u2019investir dans la g\u00e9n\u00e9ration de l\u2019\u00e9lite qui n\u2019a pas confiance en elle-m\u00eame, est ce qu\u2019on pourrait la r\u00e9former ? La g\u00e9n\u00e9ration des pr\u00e9sidents africains qui n\u2019a pas confiance en elle-m\u00eame est ce qu\u2019on pourrait la reformer ? Pour nous, il est trop tard pour les former donc il faut cr\u00e9er une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration consciente. Cela veut dire investir dans une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 partir d\u2019en bas, on aura ainsi la chance de r\u00e9ussir au lieu de penser qu\u2019il faut reformer l\u2019\u00e9lite politique maintenant c\u2019est-\u00e0-dire les politiciens en vue d\u2019\u00e9tablir la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale.<\/p>\n<p>Ces d\u00e9mocraties lib\u00e9rales ont beaucoup de probl\u00e8mes, d\u2019abord elles sont co\u00fbteuses et la participation est tr\u00e8s minime car c\u2019est l\u2019\u00e9lite qui y participe. Les paysans n\u2019ont jamais particip\u00e9 \u00e0 ces d\u00e9mocraties. Elles sont aussi soutenues par des personnes qui ont de l\u2019argent et les instituts internationaux. Nous pensons qu\u2019une mesure des indices produite par Mo Ibrahim ne refl\u00e8te pas l\u2019Afrique comme telle. Je dirais qu\u2019il fait un travail un peu partiel parce qu\u2019il pense que transformer l\u2019\u00e9lite politique de cette g\u00e9n\u00e9ration aura un impact demain. Je pense que \u00e7a devrait \u00eatre le contraire c\u2019est-\u00e0-dire transformer la soci\u00e9t\u00e9 pour donner une \u00e9lite plus stable ayant une vision au lieu de commencer d\u2019en haut avec l\u2019Etat et le capitalisme.<\/p>\n<p><strong>Comment penser l\u2019Afrique \u00e0 partir du continent et comment cette pens\u00e9e peut-elle devenir audible par les d\u00e9cideurs ?<\/strong><br \/>\nJe pense que penser l\u2019Afrique est le premier principe fondateur du d\u00e9veloppement chez nous c\u2019est-\u00e0-dire en Afrique. Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire penser l\u2019Afrique ? Il y a plusieurs niveaux de r\u00e9flexion. D\u2019abord penser l\u2019Afrique devrait faire partie du curriculum de ce que nous apprenons c\u2019est-\u00e0-dire que cela fait aussi partie des choses que nous enseignons \u00e0 nos enfants \u00e0 partir de l\u2019\u00e9cole primaire jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9cole secondaire, donc penser l\u2019Afrique c\u2019est comprendre l\u2019Afrique. Or on ne peut pas comprendre l\u2019Afrique si on ne fait pas l\u2019histoire de l\u2019Afrique et on ne peut pas faire l\u2019histoire de l\u2019Afrique en adoptant les m\u00e9thodes bas\u00e9es sur le principe de faire table rase. Il faut revoir de fa\u00e7on critique le curriculum sur l\u2019Afrique dans les \u00e9coles et introduire l\u2019Afrique pas seulement dans le curriculum mais aussi dans le syst\u00e8me de gouvernance, l\u2019introduire dans l\u2019\u00e9conomie et dans le management. A tous ces niveaux on doit repenser l\u2019Afrique. Nous ne parlons plus de l\u2019Afrique qui doit se s\u00e9parer absolument du monde mais ce que nous disons c\u2019est que si l\u2019Afrique est bien d\u00e9finie \u00e0 partir de son histoire et de ses conditions objectives, cette Afrique peut faire plus de progr\u00e8s car elle saura faire des choix, c\u2019est cela la pens\u00e9e africaine, on pourra faire le choix de conna\u00eetre ses int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est que beaucoup d\u2019Etats africains ne connaissent pas leurs int\u00e9r\u00eats. Ce que nous voyons est que l\u2019Afrique et ses int\u00e9r\u00eats sont instrumentalis\u00e9s par d\u2019autres, par le syst\u00e8me capitaliste au niveau mondial. Repenser l\u2019Afrique c\u2019est un processus aussi philosophique, il y a cette dimension imaginaire dans laquelle nous devons penser ce que nous voulons \u00eatre et pas n\u00e9cessairement ce que nous \u00e9tions. Nous voulons que les Africains vivent longtemps, donc avoir des services m\u00e9dicaux et c\u2019est \u00e7a aussi repenser l\u2019Afrique. Ce n\u2019est pas reproduire tout simplement les traditions mais penser \u00e0 ce que nous voulons devenir. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 les penseurs, et les universitaires devraient \u00eatre en relation avec la soci\u00e9t\u00e9 donc il est tr\u00e8s important qu\u2019on insiste que refaire l\u2019Afrique, c\u2019est reconna\u00eetre aussi les contradictions africaines. Je dis toujours repenser l\u2019Afrique c\u2019est aussi identifier les contradictions africaines et puis savoir que ce n\u2019est pas toutes les contradictions primaires et secondaires qui peuvent amener au progr\u00e8s. Il y a des contradictions qu\u2019on doit laisser c\u2019est-\u00e0-dire que c\u2019est en repensant l\u2019Afrique qu\u2019on aura la possibilit\u00e9 de faire le choix.<\/p>\n<blockquote><p><strong>Nous avons un probl\u00e8me \u00e0 terme car malgr\u00e9 les origines de la Fondation Mo Ibrahim qui est aussi d\u2019Afrique, nous pensons que ces indices ne refl\u00e8tent pas du tout la r\u00e9alit\u00e9 africaine profonde. Ils refl\u00e8tent plus les Etats or les Etats africains ne pr\u00e9sentent pas une Afrique assez forte. Il y a donc un probl\u00e8me car corriger les Etats ne veut pas dire qu\u2019il y aura un impact direct et structurel avec l\u2019Afrique.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Nous sommes \u00e0 Arusha en Tanzanie chez le grand \u00ab Mwalimu \u00bb Julius Nyerere. Nous avons visit\u00e9 la place o\u00f9 Julius Nyerere a fait la d\u00e9claration d\u2019Arusha. Quelle est la place de cette d\u00e9claration dans l\u2019histoire africaine et quel r\u00f4le a jou\u00e9 Julius Nyerere dans l\u2019id\u00e9e de penser l\u2019Afrique ?<\/strong><br \/>\nJulius Nyerere faisait partie de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de leaders africains et qui a pens\u00e9 que pour se d\u00e9velopper il faut d\u2019abord compter sur soi-m\u00eame. Mais au d\u00e9but l\u2019une des erreurs que ces leaders avaient faites \u00e9tait de penser qu\u2019il fallait maintenir l\u2019Afrique coloniale en termes de politique et de dimension fronti\u00e8re c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils ont d\u00e9cid\u00e9 de maintenir les fronti\u00e8res physiques trac\u00e9es par les colonialistes europ\u00e9ens. Le deuxi\u00e8me point c\u2019est qu\u2019en plus de maintenir les fronti\u00e8res coloniales certains ont pens\u00e9 que l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9conomique devait venir graduellement c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils ont s\u00e9par\u00e9 l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9conomique et politique. Sur cette base ils ont cr\u00e9\u00e9 l\u2019Organisation de l\u2019unit\u00e9 africaine, qui \u00e9tait en fait une d\u00e9faite du projet de Kwam\u00e9 Nkrumah, qui avait pos\u00e9 le probl\u00e8me de l\u2019unification des gouvernements, avait essay\u00e9 ce gouvernement f\u00e9d\u00e9ral africain ; mais Mwalimu et les autres, les Kaunda, ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019aller graduellement et de maintenir les fronti\u00e8res. En 1967 ce que nous tentions de voir c\u2019est que Mwalimu voulait se corriger, et qu\u2019est-ce qu\u2019il fait, il a pens\u00e9 que pour se corriger il faut cr\u00e9er des principes politiques et aussi \u00e9conomiques parce que la d\u00e9claration d\u2019Arusha ne refl\u00e9tait pas tout simplement les principes \u00e9conomiques c\u2019est-\u00e0-dire compter sur soi-m\u00eame, et l\u2019autosuffisance. La d\u00e9claration d\u2019Arusha avait clarifi\u00e9 les autres syst\u00e8mes de centralisation du pouvoir parce que ce processus d\u2019Arusha articulait la d\u00e9centralisation, donc pour poursuivre l\u2019autosuffisance et compter sur soi-m\u00eame il fallait d\u00e9centraliser le pouvoir.<\/p>\n<p>Quand on d\u00e9centralise, les communaut\u00e9s deviennent responsables d\u2019elles-m\u00eames. Mwalimu \u00e9tait en train de se corriger et d\u2019avancer dans le processus de la seconde phase de la d\u00e9colonisation. Pour lui on ne pouvait pas se d\u00e9coloniser si on d\u00e9pendait des autres. Le principe \u00e9tait soutenu par certains des membres de l\u2019unit\u00e9 africaine mais beaucoup de membres de cette \u00e9lite n\u2019avaient pas soutenu ces id\u00e9es. Sans doute parce que cela se passait pendant la p\u00e9riode de la guerre froide o\u00f9 le monde \u00e9tait divis\u00e9 par le groupe d\u2019Union sovi\u00e9tique (avec le Marxisime-Leninisme) et le groupe de l\u2019Am\u00e9rique du capitalisme lib\u00e9ral. Donc le choix de beaucoup \u00e9tait clair. Si vous \u00e9tiez avec les communistes l\u2019Am\u00e9rique et ses groupes d\u2019int\u00e9r\u00eats allaient dispara\u00eetre de votre ville ou de votre Etat. C\u2019\u00e9tait \u00e0 la fois tr\u00e8s difficile parce que la d\u00e9claration d\u2019Arusha allait avec un troisi\u00e8mes pouvoir c\u2019est-\u00e0-dire un troisi\u00e8me mod\u00e8le de d\u00e9veloppement. Heureusement en ce moment-l\u00e0 il y avait le mod\u00e8le chinois qui n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s distant du mod\u00e8le de Nyerere, donc il avait beaucoup inspir\u00e9 les gens qui avaient fait bloc avec pour possibilit\u00e9 de cr\u00e9er une nouvelle option pour le d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>J\u2019ai eu la chance d\u2019\u00e9tudier certaines dimensions d\u2019Arusha pendant dix ans c\u2019est-\u00e0-dire de 1967 \u00e0 1977 et ce que j\u2019avais trouv\u00e9 d\u2019Arusha est qu\u2019il avait fait beaucoup de progr\u00e8s dans le secteur de l\u2019\u00e9ducation avec le principe que nous devons courir vers le progr\u00e8s au lieu de marcher parce que nous sommes en retard. Arusha avait aid\u00e9 \u00e0 cette nouvelle course. Il y avait des \u00e9coles dans les villages soutenues par les villageois donc le nombre d\u2019\u00e9coles et le nombre d\u2019enfants avaient vraiment augment\u00e9 pendant Arusha. En plus de cela, il avait cr\u00e9\u00e9 aussi une forte base de la vie africaine donc l\u00e0 aussi un des succ\u00e8s de Mwalimu, o\u00f9 l\u2019\u00e9cole est une consolidation de la culture africaine. Dans d\u2019autres domaines \u00e9tant donn\u00e9 le contexte de la guerre froide, le socialisme africain ne repr\u00e9sentait pas en lui-m\u00eame une sorte de peur pour les \u00e9trangers et particuli\u00e8rement les europ\u00e9ens et am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>En fait pour les Europ\u00e9ens le probl\u00e8me \u00e9tait que ce type de socialisme soutenait aussi le non alignement qui \u00e9tait accept\u00e9 aux Nations unies. Ils avaient vu cela comme faisant partie d\u2019une nouvelle id\u00e9ologie selon laquelle pour se d\u00e9velopper nous n\u2019avions pas besoin d\u2019\u00eatre avec l\u2019Est ou l\u2019Ouest, nous pouvions aller avec la Chine parce que la Chine faisait partie du groupe des non-align\u00e9s. Je pense que cette troisi\u00e8me option posait aussi beaucoup de probl\u00e8mes dans le sens o\u00f9 les pays non-align\u00e9s n\u2019avaient pas pr\u00e9vu comment interpr\u00e9ter ou r\u00e9agir face au capitalisme mondial. Ils ont pens\u00e9 que l\u2019id\u00e9ologie politique suffisait, Arusha apr\u00e8s 10 ans, 15 ans on a trouv\u00e9 qu\u2019il y avait des probl\u00e8mes parce que ces villages ne produisaient pas de travail, donc la jeunesse qui terminait l\u2019universit\u00e9 \u00e0 Dar Es Salaam revenait au village. L\u2019effort id\u00e9ologique insuffisant fourni n\u2019avait pas des relations avec les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il n\u2019y avait pas un mod\u00e8le \u00e9conomique dans la d\u00e9claration d\u2019Arusha ou bien le mod\u00e8le \u00e9tait encore tr\u00e8s faible, car il y avait aussi la r\u00e9sistance des paysans. Les paysans riches ne voulaient pas donner leurs terres. Beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments n\u2019\u00e9taient pas clarifi\u00e9s. Dans certaines traditions africaines par exemple il y a des gens qui sont propri\u00e9taires de l\u2019eau, de la terre et des montagnes alors comment s\u2019approprier cela?<\/p>\n<p>Je pense qu\u2019il n\u2019y avait pas suffisamment de dialogue parmi les gens qui soutenaient Arusha. Il faut bien noter qu\u2019Arusha attirait beaucoup de personnes vers la Tanzanie. Mais les leaders Africains avaient copi\u00e9 cela sans clairement identifier la dimension \u00e9conomique. Et aussi longtemps que cette dimension ne sera pas clarifi\u00e9e dans une \u00e9conomie mondiale il subsistera toujours des probl\u00e8mes. Parce qu\u2019aujourd\u2019hui nous parlons d\u2019une \u00e9conomie mondialis\u00e9e o\u00f9 il est difficile de savoir qui produit quoi et si on a une option \u00e9conomique il faut conna\u00eetre l\u2019origine de la technologie, or Arusha, n\u2019avait pas suffisamment beaucoup de soutiens de tous parce qu\u2019on n\u2019avait pas questionn\u00e9 d\u2019une fa\u00e7on \u00e9pist\u00e9mologique et pratique son \u00e9conomie p\u00e9riph\u00e9rique qui \u00e9tait aussi mondiale. Je pense que c\u2019\u00e9tait \u00e7a une des faiblesses majeur d\u2019Arusha mais, sinon au niveau de la culture il a bien consolid\u00e9 la culture africaine cependant cette consolidation doit tenir compte de la dimension \u00e9conomique mondiale qui est souvent intransigeante aux exigences politiques internes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Sa\u00efd Abass Ahamed | Docteur en science Politique Cette note a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un atelier m\u00e9thodologique qui s&rsquo;est tenu \u00e0 Arusha, en Tanzanie, du 5 au -9 ao\u00fbt, 2013 dans le cadre du projet de la recherche avanc\u00e9e sur la paix, la s\u00e9curit\u00e9 et la post-reconstruction dans la r\u00e9gion des grands lacs [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2794,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,20,38,209],"tags":[81,79,77,80,78],"class_list":["post-2795","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-afrique","category-note-occasionnelle","category-leadership","category-saa","tag-declaration-darusha","tag-indice-mo-ibrahim","tag-intellectuels-africains","tag-penser-lafrique","tag-relations-internationales"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Trajectoire de la production des id\u00e9es apr\u00e8s les ind\u00e9pendances en Afrique - Thinking Africa<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Trajectoire de la production des id\u00e9es apr\u00e8s les ind\u00e9pendances en Afrique - Thinking Africa\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Par Sa\u00efd Abass Ahamed | Docteur en science Politique Cette note a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un atelier m\u00e9thodologique qui s&rsquo;est tenu \u00e0 Arusha, en Tanzanie, du 5 au -9 ao\u00fbt, 2013 dans le cadre du projet de la recherche avanc\u00e9e sur la paix, la s\u00e9curit\u00e9 et la post-reconstruction dans la r\u00e9gion des grands lacs [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Thinking Africa\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2014-03-23T07:40:55+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2021-05-25T14:03:13+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/tukumbi2a.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"650\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"596\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"TA\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"TA\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"25 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"TA\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/d43605ef0d5681c1b27a4ba1fede1cf4\"},\"headline\":\"Trajectoire de la production des id\u00e9es apr\u00e8s les ind\u00e9pendances en Afrique\",\"datePublished\":\"2014-03-23T07:40:55+00:00\",\"dateModified\":\"2021-05-25T14:03:13+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/\"},\"wordCount\":5011,\"commentCount\":1,\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2014\\\/03\\\/tukumbi2a.jpg\",\"keywords\":[\"D\u00e9claration d\u2019Arusha\",\"Indice Mo Ibrahim\",\"intellectuels africains\",\"Penser l\u2019Afrique\",\"relations internationales\"],\"articleSection\":[\"Afrique\",\"Note occasionnelle\",\"Prospectives, id\u00e9es &amp; panafricanisme\",\"Sa\u00efd Abass Ahamed\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/#respond\"]}]},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/\",\"name\":\"Trajectoire de la production des id\u00e9es apr\u00e8s les ind\u00e9pendances en Afrique - Thinking Africa\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2014\\\/03\\\/tukumbi2a.jpg\",\"datePublished\":\"2014-03-23T07:40:55+00:00\",\"dateModified\":\"2021-05-25T14:03:13+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/d43605ef0d5681c1b27a4ba1fede1cf4\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2014\\\/03\\\/tukumbi2a.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2014\\\/03\\\/tukumbi2a.jpg\",\"width\":650,\"height\":596},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Trajectoire de la production des id\u00e9es apr\u00e8s les ind\u00e9pendances en Afrique\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/\",\"name\":\"Thinking Africa\",\"description\":\"Recherche, r\u00e9flexions et ressources pour r\u00e9inventer le leadership africain\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/d43605ef0d5681c1b27a4ba1fede1cf4\",\"name\":\"TA\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/6c005dccdd1d09c481deffc8260557ebd4ca64fcb9b827c2d0426e626336abdf?s=96&d=mm&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/6c005dccdd1d09c481deffc8260557ebd4ca64fcb9b827c2d0426e626336abdf?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/6c005dccdd1d09c481deffc8260557ebd4ca64fcb9b827c2d0426e626336abdf?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"TA\"},\"description\":\"Thinking Africa est un institut de recherche et d'enseignement sur la paix. R\u00e9seau de jeunes chercheurs, d\u2019universitaires confirm\u00e9s et d\u2019experts, Thinking Africa offre, aux institutions, aux gouvernements, aux soci\u00e9t\u00e9s civiles, et aux organisations, des analyses et recommandations pour vivre la paix sur le continent africain.\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.thinkingafrica.org\\\/V2\\\/author\\\/admin\\\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Trajectoire de la production des id\u00e9es apr\u00e8s les ind\u00e9pendances en Afrique - Thinking Africa","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Trajectoire de la production des id\u00e9es apr\u00e8s les ind\u00e9pendances en Afrique - Thinking Africa","og_description":"Par Sa\u00efd Abass Ahamed | Docteur en science Politique Cette note a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un atelier m\u00e9thodologique qui s&rsquo;est tenu \u00e0 Arusha, en Tanzanie, du 5 au -9 ao\u00fbt, 2013 dans le cadre du projet de la recherche avanc\u00e9e sur la paix, la s\u00e9curit\u00e9 et la post-reconstruction dans la r\u00e9gion des grands lacs [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/","og_site_name":"Thinking Africa","article_published_time":"2014-03-23T07:40:55+00:00","article_modified_time":"2021-05-25T14:03:13+00:00","og_image":[{"width":650,"height":596,"url":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/tukumbi2a.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"TA","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"TA","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"25 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/"},"author":{"name":"TA","@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/#\/schema\/person\/d43605ef0d5681c1b27a4ba1fede1cf4"},"headline":"Trajectoire de la production des id\u00e9es apr\u00e8s les ind\u00e9pendances en Afrique","datePublished":"2014-03-23T07:40:55+00:00","dateModified":"2021-05-25T14:03:13+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/"},"wordCount":5011,"commentCount":1,"image":{"@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/tukumbi2a.jpg","keywords":["D\u00e9claration d\u2019Arusha","Indice Mo Ibrahim","intellectuels africains","Penser l\u2019Afrique","relations internationales"],"articleSection":["Afrique","Note occasionnelle","Prospectives, id\u00e9es &amp; panafricanisme","Sa\u00efd Abass Ahamed"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/","url":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/","name":"Trajectoire de la production des id\u00e9es apr\u00e8s les ind\u00e9pendances en Afrique - Thinking Africa","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/tukumbi2a.jpg","datePublished":"2014-03-23T07:40:55+00:00","dateModified":"2021-05-25T14:03:13+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/#\/schema\/person\/d43605ef0d5681c1b27a4ba1fede1cf4"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/#primaryimage","url":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/tukumbi2a.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/tukumbi2a.jpg","width":650,"height":596},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/trajectoire-de-la-production-des-idees-apres-les-independances-en-afrique\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Trajectoire de la production des id\u00e9es apr\u00e8s les ind\u00e9pendances en Afrique"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/#website","url":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/","name":"Thinking Africa","description":"Recherche, r\u00e9flexions et ressources pour r\u00e9inventer le leadership africain","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/#\/schema\/person\/d43605ef0d5681c1b27a4ba1fede1cf4","name":"TA","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/6c005dccdd1d09c481deffc8260557ebd4ca64fcb9b827c2d0426e626336abdf?s=96&d=mm&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/6c005dccdd1d09c481deffc8260557ebd4ca64fcb9b827c2d0426e626336abdf?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/6c005dccdd1d09c481deffc8260557ebd4ca64fcb9b827c2d0426e626336abdf?s=96&d=mm&r=g","caption":"TA"},"description":"Thinking Africa est un institut de recherche et d'enseignement sur la paix. R\u00e9seau de jeunes chercheurs, d\u2019universitaires confirm\u00e9s et d\u2019experts, Thinking Africa offre, aux institutions, aux gouvernements, aux soci\u00e9t\u00e9s civiles, et aux organisations, des analyses et recommandations pour vivre la paix sur le continent africain.","url":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/author\/admin\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2795","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2795"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2795\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2812,"href":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2795\/revisions\/2812"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2794"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2795"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2795"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thinkingafrica.org\/V2\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2795"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}