Colloque International sur le Sahel | 11 juin 2021 | 9h à 17h30

Dix ans après la chute du régime libyen :
Bilan, enjeux et perspectives d’une impasse sécuritaire et humanitaire au Sahel

COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LE SAHEL
11 juin 2021 • 9h – 17h30 (heure de Paris)
En ligne
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CONTEXTE :
Le Sahel est un espace de transition, entre l’Atlantique et la Mer rouge, il relie le continent africain entre sa partie septentrionale et le sud du Sahara. Cet espace de jonction entre un Maghreb, traversé par des ondes de choc depuis les « printemps arabes », et une Afrique subsaharienne, qui compte plusieurs États en crise, connaît une insécurité persistante depuis l’intervention militaire en Libye en 2011 sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Cette guerre et ses conséquences directes au Mali (avec l’occupation du Nord par le Mouvement National de Libération de l’Azawad, surclassé ensuite par les groupes terroristes), ont replacé le Sahel au centre d’intérêts géopolitiques et stratégiques. A ces problématiques qui se sont complexifiées et étendues à toute la région, s’ajoutent des crises multiformes liées aux migrations clandestines à grande échelle, aux conflits intercommunautaires, au grand banditisme et aux crimes transfrontaliers. Toutes ces évolutions interviennent dans un contexte de bouleversements écologiques, de pauvreté, d’insécurité alimentaire, de désoeuvrement de la jeunesse, de crise sanitaire, de lutte pour l’accès aux ressources naturelles et contre les groupes extrémistes connectés au terrorisme international.

Cette situation qui menace la stabilité de l’ensemble des États sahéliens, a entrainé un engagement sans précédent d’une grande variété d’acteurs institutionnels multilatéraux (Minusma), régionaux (Force conjointe du G5 Sahel) et de forces militaires étrangères (Opération Barkhane, Africom, Task Force Takuba). Malgré une impressionnante présence de troupes, l’extension des zones d’opération des groupes armés terroristes (GAT) a amené plusieurs instituts indépendants à inscrire le Sahel et la Libye sur la liste « des tensions géopolitiques à surveiller en 2021 ». Aujourd’hui, le Sahel se retrouve dans une impasse, sécuritaire, mais aussi humanitaire. Comment en sortir ? Que faire aujourd’hui face à l’inflation de la violence due à l’impasse dans la lutte antiterroriste ? Quelles sont les perspectives de stabilité face à la détérioration de la situation humanitaire ainsi que des taux de croissance économique qui ne se traduisent pas par une amélioration du bien-être collectif ? Ainsi, dans la dynamique du lancement de son Observatoire des enjeux géopolitiques, sécuritaires et sociopolitiques au Sahel, Thinking Africa propose d’analyser la situation d’« impasse sécuritaire et humanitaire au Sahel », dans le cadre d’un colloque virtuel d’une journée.

OBJECTIFS :
Les objectifs de ce colloque sont multiples. Il s’agira principalement de créer une communauté scientifique d’intérêts autour des enjeux socio-politiques, sécuritaires et économiques du Sahel.

Ensuite, de décrypter les situations d’instabilité au Sahel depuis le début de la guerre en Libye ; de formuler des pistes de travail et de solutions à même de répondre aux défis humanitaires, sécuritaires, politiques et socio-culturels dans une perspective de sécurité et de paix durable pour les populations ; de mobiliser et de valoriser les intelligences et expertises locales dans une démarche prospective ; d’interroger les grands enjeux sous le prisme des sciences humaines et sociales (histoire, anthropologie, sociologie, économie, etc.) et les défis à relever à court, moyen et long termes en vue d’une perspective de stabilité et de développement durable pour les pays sahéliens.

Allocution d’ouverture (9h-9h30)
Dr. Ladji Ouattara, Responsable de l’Observatoire du Sahel de Thinking Africa
Dr. Saïd Abass Ahamed, Directeur de Thinking Africa,

Conférence inaugurale (9h30-10h30) : Quelles politiques de paix et de développement au Sahel?
Dr. Maman Sambo Sidikou, Secrétaire Exécutif du G5 Sahel (Mauritanie)
Dr. Famoussa Coulibaly, Député – Président de la Commission relations extérieures de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, discutant.

Panel 1 (10h30-12h00) : Etat, société, démocratie et politique
Pr. Mahaman Tidjani Alou, Université Abdou Moumouni de Niamey (Niger)
Pr. André Bourgeot, CNRS, Collège de France, (France)
Pr. Mamadou Badji, Recteur de l’Université de Ziguinchor, (Sénégal), discutant.

Pause déjeuner (12h00-13h30)

Panel 2 (13h30-15h30) : Le Sahel face aux enjeux sécuritaires, migratoires et humanitaires
Raouf Farrah, chercheur en géopolitique et analyste senior à la Global Initiative against Transnational Organized Crime (Tunisie-Algérie). «La stabilisation du Sud de la Libye: défis, enjeux et perspectives pour le Sahel».
Dr. Mahamat Foudda Djourab, Université de Ndjamena (Tchad). « Fragilisation du système sociopolitique au Tchad à l’ère du pluralisme politique et la montée de l’extrémisme violent ».
Garba Abdoul Azizou, Directeur adjoint du Centre national d’études stratégiques et sécurité (CNESS) et coordonnateur adjoint de la cellule centrale d’appui à la mission permanente du Niger à New-York (Niger). « Armées nationales et terrorisme international : cas des Forces Armées Nigériennes (FAN) ».
Colonel Aliou Bagayoko, Directeur de la formation de l’École de maintien de la paix Alioune Blondin BEYE, (Mali).
Dr. Arthur Banga, Université Félix H. Boigny d’Abidjan (Côte d’Ivoire), discutant.

Panel 3 (15h30-17h15) : Repenser le Sahel dans un contexte de crises écologiques, économiques et de mondialisation
Vivian Huijgen, Conseillère auprès du Représentant spécial de l’UE pour le Sahel (Belgique). « Les enjeux du nouveau partenariat stratégique entre le Sahel et l’Union européenne ».
Dr. Salim Chena, chercheur associé à LAM-Les Afriques dans le Monde-Sciences, CNRS/Sciences Po Bordeaux (France- Algérie). « La politique algérienne au Sahel entre enjeux stratégiques et politique régionale ».
Dr. Salimata Traoré, Université Thomas Sankara de Ouagadougou (Burkina Faso). « Problématique de la collecte de données dans un environnement de crise sécuritaire et humanitaire au Sahel ».
Colonel Major Abdoulaye Sidibé, Mali. « Mutualisation des efforts pour contrer la menace terroriste ».
Pr. Leonardo Villalón, Coordinator of Sahel Research Group, University of Florida (USA), discutant.

Conclusion, Thinking Africa (17h15-17h30)
Dr. Samia Chabouni, Thinking Africa, Université de Jijel (Algérie).

Cliquez ici pour le lien zoom du colloque.

Diffusion en direct ici mais aussi sur la page Facebook et la chaîne YouTube de Thinking Africa.

Comments 7

  • Algabass21 mai 2021 at 12 h 13 min

    La situation sécuritaire au Sahel inquiète à plus d’un titre, et nécessite à cet effet une réelle prise en charge avant qu’elle ne soit irrémédiablement compromise .

  • Ali azizou25 mai 2021 at 13 h 03 min

    La sécurité au sahel, c est l affaire de tous.

  • Chaha Ahamet Haroun26 mai 2021 at 2 h 24 min

    Cette situation dans laquelle tout le sahel est plongée depuis la chute brutale du colonel Khadafi est préoccupante et nécessite une réflexion approfondie t ouverte en prenant en compte les réalités de chaque zone pour y mettre fin. Nous qui sommes dans les régions frontalières avec les différents pays touché par la crise souffrons beaucoup à plusieurs niveaux surtout sur le plan de libre circulation des personnes et de leurs biens, donc nous avons notre mot à dire et espérons que cette voix sera prise en compte dans la gestion de cette crise et avoir des solutions idoines.
    Nous pensons aussi que ce colloque prendra en compte la question du phénomène de la migration irrégulière dans notre zone et celle de la violation des droits humains dans ce contexte difficile.

    Merci cordialement.

  • STÉPHANE31 mai 2021 at 17 h 26 min

    J’écris mon mémoire là-dessus.

  • Moussa Abdallah31 mai 2021 at 17 h 58 min

    Le problème du sahel est un problème qui existait avant même la chute du régime de Muammar Alghadhafi. Mais le chaos de la Libye en 2011 avait façonné et accéléré le problème de cet espace dit sahel.
    Pour remédier un mal sur tous les plans ,on doit se référer à la source de ce mal afin qu’on puisse connaître la cause fondamentale et ainsi nous pourrons trouver des solutions .
    S’agissant des causes du problème au sahel , je cite les régimes néocolonalistes instaurés par des puissances étrangères et en l’occurrence la France sement de terreur et instaurent une malgouvernance indescriptible. Aussi la main mise des puissances étrangères dans cet espace sahélien crée des querelles un peu semblables à la guerre froide .
    pour une paix et stabilité au sahel ,il faut appliquer la démocratie et l’alternance , créer de l’emploi aux jeunes , instauré l’équité et la justice . Et enfin ,les puissances étrangères doivent cesser de voir le sahel comme leur territoire d’outre mer ou leur colonie .
    Que la paix rèvient au sahel comme nos aieux l’avaient vécu au moyen âge .

  • ATSÉ Martial2 juin 2021 at 6 h 39 min

    Bonjour a vous. Comment s’inscrire pour assister ?

  • Saidou Maazou10 juin 2021 at 18 h 56 min

    Pour bien connaitre les problèmes d’insécurité au sahel.il y a lieu de ne pas anhistoriser la situation qui a servi la base et le tremplin des tous les maux au sahel.D’abord la rébellion algérienne de 1990-1991 qui a permis la mise en place de GSPC, ensuite la chute du guide libyen et la crise malienne avec plusieurs coup- d’États toutes ces situations citées en chapelet ont constitué le tremplin de l’insécurité au sahel.les groupes djihadistes à leurs tours ont trouvé d’ailleurs des conflits inter communautaires qui ont favorisé leurs acceptations et ont à conquérir les coeurs de certaines couches sociales. Hormis ces conflits inter communautaires, il des facteurs de coercition utilisée par certains groupes djihadistes, les facteurs d’ordre historique, les facteurs socioculturels, les facteurs d’ordre politique liés à la malgouvernance, et les facteurs d’ordre économiques c’est à la pauvreté et les facteurs d’ordre écologique. Dans cette situation, pour sortir de l’impasse, les États sahéliens doivent procéder à un désarmement total , de dialoguer avec les acteurs les plus influencés, de multiplier les actions du développement pour marquer la présence des États dans ces espaces et de continuer aussi à assurer la protection des frontières poreuses, et en fin mettre des stratégies liées aux questions de ressources naturelles. Pour conclure on peut se demander comment résoudre cette équation des probabilités générales pour un conflit qui a réuni presque toutes les variables . PGC=V1 (faible niveau de revenurevenu)+V2(ressources naturelles+V3(taille de la population) +v4(niveau de fragmentation et gnomon fuis tique). La convoitise des puissances occidentales liées à la recherche des ressources naturelles constituerait un autre phénomène qu’il faut envisager une solution .La pénurie des ressources naturelles et leurs surabondances constituent deux conditions de conquête d un État et des guerres selon Makinder.