L’écologisme s’est constitué avec l’exclusion des minorités non-blanches | Malcom Ferdinand

Malcom Ferdinand est docteur en science politique de l’université Paris Diderot, ingénieur en environnement et chercheur sur les enjeux écologiques au CNRS à Paris.

Son ouvrage “Une écologie décoloniale : Penser l’écologie depuis le monde caribéen” contribue à l’approfondissement de la pensée écologique et au développement de solutions théoriques et pratiques pour une transformation de la société et des relations avec l’environnement. À travers son travail, l’auteur propose de redéfinir et de revisiter le champ de l’écologie dont l’histoire est indissociable du contexte de la colonisation et de ses conséquences.

La notion d’écologie décoloniale permet donc d’analyser l’objet écologique en prenant en compte les questions raciales et l’héritage colonial.

Dans cet entretien réalisé par Thinking Africa, Malcom Ferdinand fait une analyse des enjeux écologiques contemporains, en adoptant une posture à la fois afrocentriste et décoloniale.

“Dans les Caraïbes (mais aussi dans d’autres régions du monde dont en Afrique), d’une part on nous a éduqué à consommer un système de culture et de plantation hérité de l’époque coloniale et d’autre part, on nous a appris une ignorance de nous-mêmes, une ignorance de notre histoire. On a comme seul modèle ce qui a été fait par les occidentaux. On nous a inculqué l’idée que “l’autre” n’est pas possible. C’est pour ça qu’il est important d’inculquer dès le plus jeune âge que le modèle que l’on vit aujourd’hui est un modèle parmi d’autres, qu’il y a d’autres façons de faire et qu’il est possible de faire autrement, pour éviter la résignation.”