Sociétés & identité

Severin Yao Kouamé est docteur en sociologie, enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara (UAO) à Bouaké, en Côte d’Ivoire.

Par ailleurs, Severin Yao Kouamé est le fondateur et coordinateur d’Indigo Côte d’Ivoire, l’équipe locale d’Interpeace.

Voir la première partie de l’interview.

Quelques verbatims extraits de l’entretien.

Sur la diversité sociale et l’anticipation

Nous avons des sociétés bâties sur la diversité. Comment travaille-t-on pour que la diversité de nos sociétés soit constructive, et soit regardée davantage comme un facteur, non pas comme un facteur de risques mais d’opportunités pour nos sociétés ? Comment capitaliser sur nos ressources humaines indifféremment de nos origines socio-culturelles ? C’est cela le plus important. Et pour répondre à cela, il faut anticiper. Toutes les sociétés sont traversées par des contradictions et travaillées par des tensions. Mais là où se trouve le mérite d’une société, c’est lorsqu’elle sait qu’en agissant de façon préventive sur ces éléments là, elle peut avoir justement des dynamiques plus constructives. Voilà pourquoi le plus important pour nous est d’inventer une ingénierie qui permette d’anticiper.

Sur le regard à porter sur nos sociétés

Le regard que l’on porte sur nos sociétés doit être un regard positif. On ne demande pas de condescendance, de la part des pouvoirs publics. Non. Il faut que ce regard soit un regard froid et qui considère que ce qui se passe, dans nos sociétés, est normal. Lorsque des jeunes deviennent violents, c’est normal. C’est normal dans le sens où c’est parce qu’on n’a pas su trouver les mécanismes pour anticiper, traiter la violence dont il est question que ces jeunes s’expriment de cette façon. Alors notre mérite, c’est de pouvoir s’asseoir pour regarder cela et d’y adresser la médication, le remède qu’il faut.

Sur les mouvements tels que Boko Haram, Al Shabab

Les mouvements tels que Boko Haram, Al shabab semblent combler un vide. Ils répondent à un besoin social pour certains jeunes. Beaucoup de jeunes s’y engagent non pas parce qu’il y a de la violence à produire. Ils s’y engagent parce qu’il y a une structure d’opportunités qui se créent à travers ces mouvements. C’est vrai que ceux qui sont à la tête de ces mouvements ont sûrement leurs projets, leurs ambitions, leurs agendas personnels. Mais derrière la façon dont ils conduisent cet agenda, ils mettent en place une structure qui répond et qui valorise certains jeunes.

 

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