Justice Pénale Internationale en Afrique

Dr Assitan Diallo, sociologue chercheure, est présidente de la branche malienne de l’Association des Femmes Africaines pour la Recherche et le Développement (AFARD).

Dans cette interview réalisée lors de la rencontre organisée par Trust Africa (rencontre sur le thème de « L’engagement pour la justice pénale internationale en Afrique : Enseignements à tirer en termes de mobilisation et plaidoyer », à Dakar, les 26 et 27 mai 2015), Dr Assitan Diallo présente le travail de sa structure, l’AFARD, fait le point sur le processus de réconciliation au Mali et expose les enjeux de la justice transitionnelle dans le cadre de son pays.

Quelques verbatims extraits de l’interview.

Sur le travail de l’AFARD

La finalité de notre recherche action est de faire le plaidoyer autour de la mise en œuvre de la justice transitionnelle au Mali, mais aussi des requêtes du Mali auprès de la CPI (cour pénale internationale )…

Sur le processus de réconciliation au Mali

La réconciliation au Mali n’a pas commencé…Le côté formel est là, on est dans les négociations depuis 8 mois, dans les concertations intercommunautaires mais de façon réelle, sur le terrain, dans le cœur et l’esprit des gens, je ne suis pas sûre que nous avons entamé le vrai processus de réconciliation.

Sur la relation des victimes maliennes avec la cour pénale internationale

Le rapport victimes/Cour Pénale Internationale est inexistant. La plupart des hommes et des femmes ignorent ce qu’est cette structure, ignorent aussi ce que le Mali « fait » avec la cour pénale internationale… Il y a même une méfiance sur la manière dont la justice est en train de réparer les torts.

Sur la perception de la justice par les populations

La Justice au Mali comme dans beaucoup de pays en Afrique est une justice corrompue. Les plus faibles et les plus pauvres pensent qu’elle n’est pas à leur portée et se résignent à ne même pas faire de recours à leur justice… Il faut que nous fassions la paix avec notre propre justice et nos propres acteurs de la justice avant vouloir faire la paix avec les armes »

Sur la justice transitionnelle

L’Etat n’a pas mis beaucoup d’effort dans le pilier fondamental de la justice transitionnelle, qui est la nécessité de savoir la vérité, de découvrir la vérité. C’est une étape que l’on a sautée.
 

DrAssitanDiallo

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