Géopolitique & stratégies

Hervé LADO est docteur en sciences économiques de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et titulaire d’un Master en Finance et Stratégie de Sciences Po Paris.

Sa thèse a porté sur la responsabilité sociétale des multinationales pétrolières au Nigeria. Il a longtemps travaillé pour la diplomatie économique française en tant que conseiller au développement international des entreprises françaises en Afrique centrale, et Auditeur Qualité ISO 9001 pour le réseau des services économiques français en Afrique. Il a été Chef d’Equipe Environnementale et Sociétale du Projet du Barrage hydroélectrique de Nachtigal au Cameroun (420 MW, 1Md USD) porté par l’Etat du Cameroun, la SFI, EDF et Rio Tinto Alcan. Chercheur Associé au Programme Companies and Development (CODEV) / Institut IRENE à l’ESSEC Business School.

Quelques verbatims extraits de l’entretien.
 
Sur la transaction
Plus un acteur a un pouvoir politique et/ou économique élevé, face à un autre acteur, plus il peut confisquer les droits de l’autre acteur. On ne peut pas parler de transactions en économique, sans traiter des jeux de pouvoir qui sont à l’oeuvre. Puisque ces jeux de pouvoir détermine l’allocation des ressources et la nature même du résultat de la transaction.

Sur la prédation

La prédation, c’est l’exploitation des rentes de domination. Il y a prédation, lorsqu’il y a association, d’une part, de l’asymétrie du pouvoir (transaction déséquilibrée entre les acteurs), et d’autre part, de domination. Et dans ce cadre là, des transactions responsables sont des transactions dénuées de prédation. Lorsqu’il y a asymétrie, il faut s’assurer que l’acteur le plus défavorisé, en a conscience, et que l’acteur le plus favorisé, en a conscience, et faire en sorte qu’il y ait équilibre de pouvoir entre les deux pour qu’on puisse aboutir à un résultat équitable.

Sur les rapports de force

L’ouverture des rentes, qu’elles soient économiques ou politiques, a toujours été une affaire de rapports de force. Cela n’a jamais été une affaire d’élites qui donnent ou accordent le pouvoir aux non élites. Cela a toujours été des non élites qui ont pris conscience du déséquilibre des rapports de force et qui se sont musclés pour affronter les élites d’une manière ou d’une autre.

Sur la libre compétition

Le cas du Nigéria est représentatif des pays en voie de développement qui ont connu une histoire coloniale, avec l’arrivée des multinationales des pays développés. Cette libre concurrence, compétition des pays développés a conduit à la prédation dans les pays colonisés. Parce que la colonisation n’était qu’une vaste opération de prédation, de confiscation des droits des populations locales. On ne peut pas dire que la libre compétition politico-économique, menée par les pays développés permet l’élimination de la prédation.

HervéLado1

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