Droits & justice

Dr Mamadou Badji, sénégalais, agrégé des facultés de droit et doyen de la faculté de droit de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Il est spécialisé en histoire du droit, histoire des institutions de l’Afrique depuis le XIXe siècle, histoire des idées politiques et histoire comparative du droit de la santé. 

Dans cet interview accordé à Thinking Africa, le professeur Badji revient sur son parcours et ses travaux de recherche sur les droits de l’homme et l’esclavage au Sénégal et en Mauritanie, expose les enjeux stratégiques africains du moment et explique pourquoi c’est à nous africains de trouver les solutions à nos problèmes.

Quelques verbatims extraits de l’interview.

Sur la réconciliation et la réparation dans une société esclavagiste

Il faut ramener les gens du stade d’objet au stade de sujet. Et à partir du moment, ils sont devenus sujets de droit, titulaires de droit et reconnus comme étant des membres à part entière de la communauté civique à laquelle ils appartiennent, alors, on peut parler début de la réconciliation. Et le début de la réconciliation peut préparer autre chose. Mais si la reconnaissance ne précède pas la réconciliation, la réparation n’amènera rien du tout.

Sur l’Etat en Afrique

Ce qui fait défaut en Afrique, c’est la construction de véritables sociétés politiques dont l’Etat est une des figures les plus marquantes, en ce qui concerne notre siècle.
On a beau avoir des ressources, quand ne réussit pas à construire un Etat, et donc des institutions solides au sein desquelles les gens obéissent à la loi et sont tous égaux devant la loi, on rate le coche. Parce que ce sont les institutions qui permettent de piloter la gouvernance de la société…

Sur le problème majeur de l’Afrique

Si nos institutions étaient fortes, nous n’aurions pas besoin d’experts de la Banque Mondiale ou du FMI. Et même si souvent ce sont des africains qui sont là-bas, ils véhiculent une pensée qui n’est pas la nôtre : C’est ça le problème de l’Afrique.C’est à nous, africains, de chercher aussi nos solutions à nos problèmes. Et ce n’est pas seulement l’argent qui fait la réflexion ! Parce que celui qui finance la réflexion commande et le fait en fonction de ses orientations. C’est ce qui se passe avec les rapports de la banque mondiale, par exemple.

Sur le cas du Nigeria

Prenez le Nigeria, ils ont tout sauf un Etat. Tant qu’on n’aura pas amorcé la réflexion dans le sens de bâtir des institutions, dans lesquelles ses individus peuvent rester forts, tout en obéissant à la logique de la puissance qu’incarne l’Etat, le problème de Boko Haram et de tous les autres, resteront toujours des problèmes.

MamadouBadji

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