Crise agricole et paupérisation de la paysannerie au Gabon

 | Afrique centrale, Note de recherche, Politiques, stratégies & diplomaties économiques, Roger Nguema-Obame

Roger Nguema-Obame | Docteur en sociologie. Enseignant-Chercheur permanent à l’Université Omar Bongo de Libreville.

INTRODUCTION
Le Gabon, situé à l’Ouest de l’Afrique centrale sur la bordure atlantique, a une superficie de 267.667km2 , grand comme la moitié de la France, pour une population estimée à 1.700. 000 habitants ; le pays qualifié de « véritable scandale géologique » tant le sol, le sous-sol et les côtes, recèlent en l’occurrence d’importantes ressources, comme nous le verrons infra, jouit alors d’un revenu de 3600 dollars par habitant en 1993. En 2004, il s’élève à 4 675 . Entre 2005 et 2006, le Gabon enregistre une augmentation de 6000 dollars de son PIB , selon le rapport du MAEP déjà cité.Entre 2006 et 2010, avec l’augmentation du prix du baril de pétrole, le PIB par habitant passe à 13000 dollars. Cette situation exceptionnelle,qui place le Gabon dans le groupe des pays à revenu intermédiaire, tranche haute,en fait l’un des pays les plus riches du continent africain.

Toutefois,ces indicateurs socio-économiques tranchent nettement avec les fortes disparités de niveau de vie, au sein de la société gabonaise et avec son Indice de développement humain car le Gabon présente des indicateurs sociaux comparables à ceux de certains pays africains à revenus faibles. Le revenu par habitant élevé cache de grandes disparités entre les niveaux de vie.
Ainsi le Gabon, placé 122ème rang sur 177 pays à la même période, est marqué par des disparités mises en exergue également par l’Enquête Participative sur la Pauvreté de 2005. Il ressort de cette enquête que plus de 70 % de la population continue de vivre dans un dénuement innommable,selon Nze-Nguema, qui en a assuré la coordination.
Face à l’insoutenable dénuement dans lequel vivotent les populations gabonaises, Nze-Nguema qui n’a pas de mots assez forts pour stigmatiser ces inégalités sociales,qualifie alors,à raison, le Gabon « de pays riche peuplé de pauvres hères ».

Ainsi, malgré les immenses ressources dont regorge le pays, les classes laborieuses sont tenues à la marge de la redistribution des fruits de la croissance économique ; des fruits d’une croissance que se partagent les rares privilégiés et nantis d’un régime, insensible à la misère du plus grand nombre. Le Gabon présente dès lors les mêmes indicateurs sociaux que les pays africains à revenus faibles.
Ainsi, depuis la fin des années 1990, les populations rurales gabonaises sont de plus en plus confrontées à la paupérisation. L’enquête de 1995 sur la pauvreté au Gabon donne des indications précises sur les inégalités sociales du milieu urbain par rapport au milieu rural : le revenu moyen dans le secteur urbain, était de six fois plus élevé par rapport au secteur rural.

 

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