Elections présidentielles à Madagascar: Vers un hypothétique second tour?

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Par Félicité Jessica Ranohefy | Master en droit des affaires internationales.

2013-08-Mada-Elections

Introduction
L’annonce de la date des élections présidentielles le 22 août 2013 a suscité une vague d’espoir au sein de la société malgache, prise en otage d’une crise politique qui dure depuis près de quatre ans et demi. La durée de la transition aura coïncidé avec celle d’un mandat classique à la magistrature suprême. La tenue du premier tour des élections présidentielles le 25 octobre prochain marquera-t-elle la fin du régime actuel ? Le doute reste permis. Alors que la campagne officielle débute avec ses trente-trois candidats, le climat est loin de s’apaiser, bien au contraire. Les confrontations et provocations entre les équipes adverses sont monnaie courante. Les rues deviennent le théâtre de débats hors des exigences de l’Etat de droit et de la démocratie. Or, la restauration de ces deux attributs essentiels au rétablissement d’une République malgache forte et pacifiée est au coeur de tous les discours. Rien dans les attitudes, ni dans les grands voeux des prétendants au titre ne laisse envisager une sortie de crise sans violence et dans le respect de la légalité. L’ambiance délétère qui règne actuellement présage de ce qui va se passer après le premier tour. Mais les conditions pour une sortie de crise durable à Madagascar sont-elles aujourd’hui seulement réunies ?

Le bon déroulement du premier tour du scrutin présidentiel sera prépondérant pour la suite des évènements mais ne saurait à lui seul garantir une marche sereine vers le second tour et les élections législatives prévues le 20 décembre 2013. A cet égard, la position de la communauté internationale, pourtant très active depuis 2009, pose question. En effet, après s’être mêlée de la situation au plus près, elle semble s’en être désintéressée au prétexte de non ingérence. Son silence depuis la publication des dates d’élections vaut-il annonce de la fin de la médiation ? Quelles que soient les raisons d’une telle posture, le moment semble peu opportun pour laisser une nation malgache, fortement affaiblie, livrée à elle-même. L’espoir d’une sortie de crise est permis, mais elle sera longue et difficile. L’implication des acteurs nationaux et internationaux tout autant que celle des citoyens sera déterminante pour une réconciliation du peuple et de ses dirigeants.

Afin de mieux comprendre les enjeux des élections à venir, il nous faut revenir sur l’histoire même de cette transition et les évènements qui ont marqué son existence. Il nous faut également comprendre les raisons de l’échec des multiples initiatives nationales et internationales en vue d’une résolution de la crise à Madagascar. Enfin, nous dresserons un état des lieux des tendances actuelles du conflit malgache afin de pouvoir envisager des pistes d’action pour l’instauration d’un climat politique et social pacifié.

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