Le renforcement du Tchad à l’internationale au prix de fragilisations sociale et économique

 | Afrique centrale, Francois Vandendriessche, Note d'analyse politique, Politiques, stratégies & diplomaties économiques, Sécurité, défense & armements

Francois Vandendriessche | Chargé d’audit interne



Introduction: L’instabilité croissance du Sahel

Au cours des dernières décennies, rarement la région du Sahel a connu une instabilité politique et sociale aussi violente et diffuse que celle dont elle est victime depuis cinq ans. L’année 2011 a été marquée par l’insurrection populaire libyenne qui se conclut par l’assassinat de Mouammar Kadhafi le 20 octobre. L’absence de contrôle sur de larges zones du pays et de régulation des armes disponibles pourrait faire de la Libyenne poudrière capable d’embraser le sous-continent.

Car l’ensemble de la région est menacé par la présence de groupes terroristes et armés : depuis 2012, et malgré l’intervention principalement française et tchadienne, le nord du Mali reste à la merci de groupes rebelles qui commettent diverses exactions contre la population et les forces onusiennes. Les frontières nigériennes sont poreuses et le gouvernement a du mal à endiguer les mouvements des groupes armés dans la région comme en témoignent les attentats d’Arlit et d’Agadez revendiqués par la Mujao en mai 2013. Enfin, en 2014, la spectaculaire exposition médiatique des agissements de BokoHaram lors de la campagne internationale « Bring Back our Girls »pour la libération des adolescentes enlevées par la secte islamiste a permis très tardivement à la communauté internationale de réagir.

Depuis, elle a pris la complète mesure des moyens dont dispose l’organisation et des risques qu’elle présente pour toute la région, et particulièrement pour le Cameroun et le Niger dans lesquels elle agit déjà, deux états qui manquent de moyens pour la combattre efficacement2. En parallèle, la République centrafricaine est livrée à un conflit aux implications religieuses fortes et sa population paie un lourd tribut depuis que les Seleka ont chassé François Bozizé du pouvoir en mars 2014, et que des groupes de défense Anti-Balaka se sont organisés, menant le pays à des épurations ethniques violentes et fréquentes.

Face à cette instabilité, le Tchad dirigé par son président Idriss Déby Itno depuis 1991, semble faire office de pilier. Les dernières attaques rebelles visant à le renverser datent de 2008 et, depuis, le relatif calme social de son pays ainsi que l’apaisement de ses relations avec le Soudan d’Omar El Béchir ont tendance à le renforcer.

Idriss Déby est devenu depuis un leader fort dans la région, n’hésitant pas à intervenir diplomatiquement et militairement hors de ses frontières, faisant de lui un rempart précieux contre l’islamisation de la région et un allié de première importance aux yeux des Européens et des Américains. Mais derrière cette volonté affichée d’être le premier acteur de la géopolitique sahélienne, se cachent des difficultés économiques réelles qui pourraient être accentuées par la montée en puissance de Boko Haram et fragiliser le président tchadien sur la scène nationale dans un contexte social délicat.

 

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