Tukumbi Lumumba-Kasongo – Une Réflexion sur le Progrès, les Défis et l’Avenir d’un Continent

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Opinion Libre de Tukumbi Lumumba-Kasongo

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Tukumbi Lumumba-Kasongo est professeur titulaire de science politique à Wells College et professeur invité au département planification urbaine et régionale de l’Université Cornell. Il est l’éditeur de la revue d’études africaines et asiatiques et co-rédacteur en chef de la Revue africaine des affaires internationales, il est également membre de plusieurs comités de rédaction de revues de sciences sociales.

Notre préoccupation se focalise sur la nature de la place et le rôle de l’Afrique dans le monde des états-nations et son avenir en tant qu’une entité politique continentale. Nous ne nous intéressons pas aux ‘prédictions prophétiques’ mais plutôt à une analyse réflective—un commentaire critique en faisant quelques projections générales sur la place de l’Afrique dans un monde qui change. Mon intention est d‘encourager plus de débats à partir de mes propositions sur l’Afrique de demain, un sujet vaste, complexe et important.

L’Afrique est constituée de 54 différents états-nations avec de variétés culturelles, historiques et politiques considérablement fascinantes. Ces états-nations se sont formés sur le principe impérialiste européen de diviser pour régner. Dans leur formation et dans leurs affinités historico-culturelles, les tracés politiques préexistants n’avaient pas été pris en compte. Elle est, sur la base de son étendue physique de 11,668,545 square miles (soit 30, 200,000 sq km) le deuxième continent le plus grand avec une population d’un peu plus d’un milliard d’habitants en 2015. Elle peut contenir les superficies de toute l’Europe, des Etats-Unis d’Amérique et la Chine totalisant la superficie de 11,338,729 square miles (soit 29,365,000 sq km). Elle a 30 % des réserves de ressources minières mondiales, 45% des réserves d’or, 65% des réserves de cobalt, et de 90% des réserves de platine. À peu près 600 millions d’hectares de sa terre arable ne sont encore mis en valeur économique. Dans certains pays, comme par exemple la République Démocratique du Congo, seulement 3 % des terres arables sont cultivés.

Cependant, l’image permanente peinte de l’Afrique est celle d’un continent sous le poids des maux économiques et sociaux extrémistes, des calamités politiques interminables, des guerres intestines périlleuses et inutiles, et des maladies incurables. Et pourtant, il y a aussi des choses positives qui se passent en Afrique. L’Afrique n’est pas une poubelle politique. Il faut toujours nous rappeler que les états-nations africains contemporains ne sont pas les produits unilinéaires monolithiques ou d’évolutions naturelles ou malthusiens, ou des produits des forces primordiales. Leurs peuples et leurs élites se sont organisés, battus et ont lutté pour acquérir leurs souverainetés politiques nominales. Des différents processus complexes reflétant différents types de luttes politiques et sociales conduisirent à l’indépendance politique.

Dans le même temps, l’Afrique a 27 % de la population mondiale qui est pauvre vivant avec en moyenne un dollar américain et demi par jour. Et à peu prêt 70% de la population africaine vit avec $2 ou moins par jour. Plus de 250 millions de cette population a absolument faim. Cette population est politiquement et socialement invisible, désenchantée, désengagée et amorphe malgré l’essor de la société civile à travers le continent. Approximativement entre 70% et 80% de la population africaine vit dans les milieux ruraux. Cette pauvreté est profonde et institutionnalisée.

Où se place l’Afrique par rapport aux pouvoirs politiques, économiques et culturels dans les grandes négociations commerciales, scientifiques et technologiques qui s’accroissent dans le monde, et dans des mouvements démocratiques et de luttes des classes ouvrières et populistes qui font bouger l’humanité? Où se situe l’Afrique par rapport à la question des inégalités du genre et la subordination et la violence persistante contre la femme dans les secteurs culturels, politiques et économiques et systèmes sociaux injustes? Finalement, où est l’Afrique à travers les questions sur la gouvernance, l’éducation, sa qualité et de son application, et par rapport à l’avancement de la recherche, et surtout dans des domaines de la transformation technologique? Autant de questions importantes que suscite cette réflexion profonde, bien que nous n’ayons aucune prétention à y apporter toutes les réponses. Mais les pistes de grands débats sont esquissées.

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