La libre circulation des personnes en Afrique et passeport continental : vers une Afrique intégrée et en paix ?

 | Afrique, Félicité Jessica Ranohefy, Note d'analyse politique, Paix & Réconciliation, Union Africaine

Par Félicité Jessica Ranohefy | Master en droit des affaires internationales.

UA-integration

Résumé
En cette année où l’Union africaine célèbre le cinquantenaire de son illustre ancêtre, l’OUA, avec comme fer de lance la Renaissance panafricaine, il est pertinent de revenir aux sources de sa création. Où en est l’intégration prônée par les pères fondateurs de l’Organisation ? Où en est cette volonté d’une « Afrique intégrée » fixée comme un des objectifs fondamentaux de l’Union africaine ? Il convient en effet de discuter de l’intégration des peuples d’Afrique, cinquante ans après la naissance de l’institution chargée de promouvoir l’unité du continent. Il s’agit ici d’évoquer la dimension humaine d’une organisation d’abord perçue comme une union politique, et à moindre mesure, économique.

Introduction
L’instauration d’une paix durable en Afrique passe par l’intégration des peuples à la démarche d’unité promue par l’Union africaine. Le passeport africain qui parachèvera une liberté effective de circulation des personnes au sein du continent représente un des éléments de cette intégration. Enoncé comme un des objectifs fondamentaux de l’Union dès le début des années 1990, ce principe est depuis, plus ou moins appliqué au sein des Communautés économiques régionales. Ce succès à demi-teinte amène à réfléchir sur les enjeux d’une plus grande mobilité des Africains en Afrique. Pour qu’un tel principe contribue à la paix, l’Union africaine doit s’attaquer à de nombreux défis qui rendent incertain l’aboutissement du projet de passeport africain.

Parmi les chantiers entamés pour renforcer l’intégration, figurent le principe de la libre circulation des personnes à travers le continent, puis la mise en place progressive d’un passeport africain. Cette liberté de circulation recouvre « le droit de partir et de revenir pour tous les ressortissants des Etats membres ». Elle oblige les Etats à préserver le « droit absolu de retourner dans leurs pays d’origine » pour les nationaux et les résidents. La démarche de l’Union africaine, s’inscrit plus largement dans une politique globale de lutte contre les expulsions massives de population. Afin que cette libre circulation soit effective, les pays africains sont appelés à assouplir les contrôles aux frontières et les conditions d’octroi de visas pour les ressortissants des Etats membres. Ce projet, louable, appelle néanmoins à la vigilance. En effet, s’il semble certain qu’une libre circulation des personnes aura des impacts positifs sur le développement de la région, on peut légitimement émettre un certain nombre de réserves. La présente réflexion porte sur les enjeux de la libre circulation des personnes en Afrique, sur les opportunités qu’elle ouvre mais aussi sur les risques qu’elle présente pour l’instauration d’une paix durable sur le continent. Elle se décompose en quatre parties. La première retrace l’historique du projet, la deuxième dresse un état de la question au niveau des CER , la troisième porte sur les enjeux de la question. La dernière partie présente quelques recommandations pour l’Union africaine.

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Comments
  • Serge
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    En 2013, et en considérant tous les effets produits par le phenomene de la mondialisation economique qui entraine de facto des consequences sociales, un brassage evident des peuples de tous les continents et de toutes les origines; le regroupement soco-politique de grandes entites regionales dans lesquelles le frontieres tombent inexorablement, il est honteux en tant q’africain d’ avoir a subir par d’autres pays africains “freres”, une exigence de visa aux frontieres, laquelle exigence n’est meme pas tres souvent appliquee aux Europeens, Americain, japonais et autres. Pendant que les gouvernements de ces memes pays “du premier monde” appliquent toutes les mesures et politiques discriminatoires á l’encontre des ressortissants africains. Ou est donc passé un minimum d’orgueil et de souveraineté de nous chers pays d’Afrique, berceaux de nos ancetres?

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